Les petites mines à l’épreuve des normes
Les mines artisanales, qui représentent 150 millions de personnes dans le monde, peinent à s'imposer face aux grands groupes. Sécurité, traçabilité, éthique : les défis sont nombreux, mais des initiatives prometteuses ouvrent la voie.
Les petites mines artisanales représenteraient 150 millions de personnes dans le monde, tous secteurs confondus et 25 % des mines de diamant. Elles sont donc loin d’être un épiphénomène. Dans le secteur des pierres et des métaux précieux, elles doivent faire face à de multiples défis. Le premier est d’effectuer les travaux d’extraction en toute sécurité, à commencer par étayer les mines et sécuriser les tunnels souterrains. L’autre défi est de pouvoir s’insérer sur le marché international, préempté la plupart du temps par les gros acteurs de la filière. Or les mines artisanales sont souvent gérées par quelques villageois qui n’ont ni la connaissance nécessaire des rouages ni les moyens financiers d’y accéder, d’autant plus qu’une exigence s’ajoute : celle de la traçabilité et de l’éthique. Ces petits artisans devront prouver qu’ils respectent les normes imposées (sécurité, droit social, droit du travail, protection de l’environnement, appel en amont et en aval à des fournisseurs respectant aussi les normes, etc.). A cela s’ajoute la redistribution d’une part des bénéfices au profit de la population locale (infrastructure, santé, alimentation, éducation…) afin de créer un écosystème vertueux. Des critères aujourd’hui indispensables pour être agréé sur le marché international. /public-objects/8d9e812c-db3e-407b-9975-51da62ba69a4-5b76887b-b523-4bda-b07a-eb2bbc83fd22-Washplant_1-red-1-768x576.webp Image sélectionnée De belles initiatives sont à souligner, qui combinent l’ensemble de ces éléments. GemFair (groupe De Beers) aide 136 petits sites miniers de diamant (2 000 personnes) en Sierra Leone, Diamonds do Good finance des projets communautaires autour de la mine (365 000 $ de subventions en 2024). En Tanzanie et au Kenya, Moyo Gems a déjà fait vendre aux mines artisanales 10 000 pierres de couleur et garantit que 95% des recettes leur revient. Plus connus, les labels Fairtrade et Fairmined pour l’or éthique ont la réputation d’être très exigeants en termes de respect du droit du travail, de l’environnement (les mines d’or utilisent des produits très toxiques) et de traçabilité.