Sacré Style

C’est le nouveau credo des célébrités. Le bijou à connotation spirituelle se porte sans réserve, au quotidien comme en soirée. Nul besoin de croire pour embrasser la tendance.

Rihanna, Gwyneth Paltrow, Gigi Hadid, Dua Lipa et le chanteur et catcheur portoricain Bad Bunny ont fait des scapulaires de Marie Lichtenberg des bijoux cultes. «Petite, explique la designer, je voyais souvent des scapulaires religieux sur des images ou des affaires de famille. J’ai eu envie de m’emparer de cette plaque pour sa force graphique et sa double lecture. Le recto affiche un message, le verso garde un secret. » L’autre péché mignon des people est universel. Ainsi, Lily-Rose Depp arborait récemment une croix lors d’un match de basket, tandis que Madonna porte la sienne depuis des décennies. /public-objects/4a01e342-1c7d-4b8e-b2a9-7eea459259ae-b69e052a-dd9a-4743-9152-9be97b860c04-Sans%20titre-2.webp Image sélectionnée Le motif de la croix est inhérent à la joaillerie, où il occupe une place atypique, entre style et symbole. À chacun de placer le curseur. Les premiers rockers aux mœurs débridées ont fait du Christ leur compagnon, et de la croix l’expression de leur aspiration à la rédemption. Lydia Courteille, qui a les faveurs de la grande prêtresse de la mode, Anna Wintour, s’est saisie du sujet. Ses créations sont initiatiques, façon « traversez le miroir pour entrer dans mon monde enchanteur ». La maison Dolce&Gabbana passe, elle, en mode surmultiplié – autre signification de la croix – avec son collier pendentif distingué par le Prix du public lors du premier Grand Prix de la Haute Joaillerie. /public-objects/9c5d45ec-5929-4baa-a620-081f47dfe837-d14c1d81-869c-4722-b68e-2d6db01d5083-Sans%20titre-1.webp Image sélectionnée Sacrément affranchi Le bijou néo-religieux est « un objet de sens, mais libre. Il parle d’amour, d’identité, de ce qu’on veut garder près du cœur », explique Marie Lichtenberg. À la maison La Couronne, spécialiste de la médaille de baptême depuis cinq générations, on constate un regain d’engouement. Cette ferveur ne serait pas sans lien avec « l’effet Notre-Dame ». L’incendie de la cathédrale de l’île de la Cité a eu un impact sur la psyché collective. Le monde a été frappé de stupeur. Le chagrin dissocié de la foi. Pour l’anecdote joaillière, les fermoirs des nouveaux vêtements liturgiques ont bénéficié du savoir-faire des orfèvres de la maison Goossens. L’autre acception du sacré, c’est l’absolu et l’excellence. /public-objects/93e97971-8006-48c3-a685-636e8d5a3bfc-7c59d43e-ff72-4c16-b8a5-83ceb691fa40-Sans%20titre-5.webp Image sélectionnée Des talismans Goossens aux médailles Arthus Bertrand, le succès dépasse aujourd’hui les frontières. Arthus Bertrand se déploie au Japon et en Corée du Sud, où la particularité de ce bijou est d’être absent de la culture locale. Qu’importe la genèse, pourvu qu’il soit kawaï ! À New York, Greg Yüna revisite la haute joaillerie avec ses pendentifs Kris Kross, Jésus ou Repose en paix pour artistes hip-hop. Partout ailleurs, les boucles d’oreilles ex-voto connaissent de beaux jours. Et depuis le braquage du Louvre, le bijou reliquaire peut espérer retrouver une notoriété. Phénomène avéré : le bijou néo-religieux est en mission. /public-objects/53ba912f-b147-44bb-be8f-4031180f6501-6145f24b-85c8-4a2b-9d9a-4fcdc9b7719e-Sans%20titre-6.webp Image sélectionnée