Pourquoi Vicenzaoro est-il l’événement joaillier européen incontournable ?
Du 4 au 8 septembre, à quelques dizaines de kilomètres de Venise, le cœur de Vicence a de nouveau battu au rythme de la joaillerie. Son salon semestriel, Vicenzaoro, a rassemblé quelque 1300 exposants représentant toute la chaîne de valeur de l’industrie. Plus de 900 acheteurs internationaux ainsi que des journalistes du monde entier étaient présents. Voici trois raisons pour lesquelles ce salon s’affirme comme un must pour les professionnels et les amoureux de la joaillerie.
Des bijoux, des bijoux, encore des bijoux, de la fantaisie à la haute joaillerie Où poser ses yeux quand on pénètre dans les immenses halles de Vicenzaoro ? Par quel espace commencer ? Icon et ses maisons internationales, Roberto Coin, Damiani, Pasquale Bruni, Fope, Crivelli, Schreiner Fine Jewellery ? L’espace Look et ses marques contemporaines ou émergentes ? La halle dédiée aux gemmes, aux pierres précieuses, aux coraux et aux perles ? Les montres et bijoux anciens de VO Vintage ? Ou encore le nouveau hall central, inauguré pour cette édition, qui accueille désormais le salon T-Gold où l’on découvre l’intégralité de la supply chain de la joaillerie, des produits finis ou semi-finis aux solutions de production, en passant par l'innovation technologique et les services aux entreprises dans le domaine spécifique du travail de l’or ? Avec quelques 1300 exposants représentant tous les segments de la filière joaillière, cinq jours ne sont pas suffisants pour venir à bout de la richesse exceptionnelle offerte par cet événement d’envergure internationale organisé par l’Italian Exhibition Group (IEG). D’autant que le salon vient de renforcer ses infrastructures avec l’inauguration du nouveau Hall 2, soit 23 000 mètres carrés répartis sur deux étages, qui devient « la nouvelle maison de l’industrie de l’or et de la joaillerie », selon les mots de l’organisateur. Un investissement majeur, initié en 2024 et inauguré sous les applaudissements des professionnels présents le premier jour de Vicenzaoro, après une bénédiction des lieux en bonne et due forme effectuée… par un prêtre. /public-objects/ad345a0c-7d56-4f5c-9d55-d3b6c5fc2861-66012398-c845-436c-afac-08cdd1e9c1a1-Yoko%20London%20%C3%82%C2%A9%20GEM-T%20Magazine.webp Image sélectionnée Tout le gratin de l’industrie réuni en un seul lieu pour partager, envisager l’avenir, ouvrir des perspectives Si Vicenzaoro se distingue par son ampleur en matière de nombre d’exposants et de visiteurs, le programme culturel et éducationnel concocté par l’organisation vaut largement le déplacement. On y discute les tendances, on explore l’usage de l’IA dans l’industrie, on débat au sujet des nouveaux modèles de consommation et de distribution, on parle de gemmologie, de durabilité. Autant de questions qui traversent l’industrie joaillière en constante évolution. « La valeur de Vicenzaoro réside dans sa capacité à connecter le business, les contenus et la vision stratégique du secteur, souligne Matteo Farsura, Global Exhibition Manager Jewellery & Fashion d’IEG. Un véritable hub de connaissances qui, grâce à la contribution des acteurs les plus reconnus de notre industrie, offre les savoirs, les analyses et les éclairages nécessaires pour soutenir la croissance compétitive des entreprises sur les marchés internationaux. » Depuis deux décennies, Vicenzaoro présente notamment la publication Trendbook qui anticipe les tendances majeures du luxe pour les 18 mois à venir. La présentation en avant-première mondiale du Jewellery Trendbook 2028+, réalisée par Paola De Luca, a ainsi de nouveau ouvert des perspectives très intéressantes sur l’évolution du luxe et des comportements de consommation au regard des mutations géopolitiques, économiques, sociales, culturelles et technologiques. Autre événement majeur de cette édition de septembre 2026, le congrès annuel de la CIBJO (World Jewellery Confederation) qui, pour sa 100ᵉ édition, s’est tenue dans l’enceinte de Vicenzaoro. Plus de 400 délégués représentant les principales associations professionnelles et les plus grandes entreprises du secteur ont abordé des questions de normalisation internationale, de durabilité, de responsabilité des entreprises et d’évolutions réglementaires. La mise à jour des Blue Books, textes de référence mondiaux sur les normes internationales applicables aux diamants, aux pierres de couleur, aux perles, aux laboratoires gemmologiques, aux métaux précieux, au corail et à l’approvisionnement responsable était également à l’ordre du jour. « La joaillerie traverse une période complexe. Nous vivons dans un monde d’impermanence et il faut être prêt à faire face à ce que nous ne sommes pas en mesure de prévoir », a précisé Cyrille Vigneron, chairman Culture & Philantropy de Cartier, en ouverture de ce congrès riche en échanges. Un hub pour découvrir des pépites et détecter des tendances Arpenter les allées de Vicenzaoro est aussi l’occasion de détecter les tendances et découvrir ce qui fera peut-être fureur dans quelques mois. Les maxi boucles d’oreilles sont de retour, les bijoux transformables continuent leur percée avec des colliers transformables en broches, boucles d’oreilles, bracelets, à porter de multiples façons. Le mix & match est à son apogée avec des nouvelles collections qui encouragent les clientes à collectionner les pièces, dans différentes versions, pour mieux les associer entre elles. Les perles s’associent aux pierres précieuses, dans toutes les tailles et en de multiples coloris. Les bijoux en argent font une percée intéressante tandis que l’or continue de se révéler avec des traitements de surface – brossé, gravé, poli, tressé – qui donnent aux bijoux toute leur personnalité. Quant aux pierres de couleur, sans surprise, elles sont partout. On a même pu observer quelques pierres bicolores, comme les tourmalines, voire tricolores. Le champ des possibles est quasi infini. Des tendances à suivre de près dans les mois qui viennent.