La perle rebelle
La perle, un accessoire classique et genré ? Loin de là ! Elle revient en force avec un nouvel ADN. Graphique, unisexe, libre et souvent rock, elle bouscule les archétypes d’une joaillerie qui ne s’embarrasse plus des convenances.
Il fut un temps où porter des perles revenait à cocher les cases d’une élégance convenue et bourgeoise, avec comme ultime totem de respectabilité le collier à un ou plusieurs rangs. Cette époque est bel et bien révolue. La perle revient sous les projecteurs avec une arrogance bien placée en s’affranchissant aujourd’hui des convenances pour mieux jouer les trouble-fête. Elle s’invite sur des bijoux graphiques, asymétriques, hybrides, loin de tout classicisme. Elle s’entremêle avec d’autres matières, dialogue avec les pierres et s’épanouit sous d’autres formes, aux antipodes de la rondeur traditionnelle, pour s’exprimer dans des bijoux libres et surtout très contemporains. Tasaki comme Mikimoto, maisons emblématiques du classicisme perlier, créent, à côté de leurs icônes, des collections et collaborations qui prennent un virage résolument rock, avec des colliers déstructurés, des boucles d’oreilles sculpturales ou des bagues oversize. Même dynamique chez dinh van, qui n’a jamais eu besoin d’attendre que la perle soit tendance pour la bousculer. Cette année, la maison a réaffirmé son audace stylistique en créant des associations inédites, et surtout des pièces iconoclastes comme un collier-cravate à trois menottes ou des mono-boucles, pensées pour se porter seules ou en asymétrie. Libre… et décomplexée Au-delà de ce twist, la perle n’est plus seulement féminine : elle devient unisexe, orne une nouvelle garde masculine, portée par des célébrités telles que Harry Styles sur les tapis rouges comme à la ville. Pharrell Williams l’a réinventée pour Tiffany & Co. Dans le dernier opus de sa collection Tiffany Titan, le créateur-star revisite le mythe de Poséidon avec des perles de Tahiti sombres et mystérieuses, serties entre les pointes dorées d’un trident stylisé. Chez les créateurs indépendants comme Sophie Bille Brahe ou Tamara Taichman (disponibles chez Whitebird), la perle est tout aussi décomplexée. On la croise libre, flottante, déconstruite. Elle devient mobile, elle vibre. Les grandes maisons comme Chanel, Louis Vuitton ou Mellerio, ne les oublient bien évidemment pas dans leurs collections. Les perles brillent dans les hautes sphères avec des compositions spectaculaires, entre audace conceptuelle et luxe absolu. Du podium au prêt-àporter, des maisons historiques aux designers les plus avant-gardiste, la perle est partout. Elle s’épanouit, elle se rebelle et ose, et cela fait un bien fou !