Pépites insolites
Un bijou raconte rarement une seule histoire. Chloë Collin, surnommée La Saint Glinglin sur les réseaux et plus jeune commissaire-priseur de France, le sait mieux que personne : chaque pièce qu’elle expertise porte plusieurs vies. Elle nous en a raconté trois. On en a retrouvé d’autres dans les archives.
LE PENDENTIF CARTIER, VOYAGE DANS LE TEMPS Une famille appelle Chloë afin de faire expertiser une trouvaille. Sur place, l’écrin rouge écarlate de Cartier et la facture écrite à la plume : 1910, 13, rue de la Paix. À l’inté rieur, un pendentif en dentelle de platine, transformable en broche. Un modèle fleuri historique, dessiné par Louis Cartier. Estimé entre 10’000 € et 20’000 €, il s’envolera pour 61’100 €. /public-objects/f8fbdb15-ba3e-42e7-a879-364a75046a6f-a5d68ee9-e47e-4cff-a050-f98b800f4fd3-02_1.webp Image sélectionnée /public-objects/55b4e206-8f3f-45d8-a7ab-c53dd37412ba-daf62dce-1d49-4d76-9ac2-63685424a105-04_1.webp Image sélectionnée LE MESSAGE CACHÉ SOUS LA BAGUE Une femme arrive chez Chloë avec sa fratrie. Au milieu d’un lot de Louis d’or et de bijoux, un écrin en cuir bleu pro tégeant une bague marguerite en saphir des années 1950. Chloë remarque que le capiton ne s’emboîte pas. Elle sou lève le velours et dévoile, dissimulé dessous, un papier plié. Le temps s’arrête. Un message de leur grand-mère… « Je serai peut-être partie quand tu trouveras ces mots, mais je voudrais que tu gardes cette bague. » La vente s’arrête là. MIKIMOTO, LE FILS DU MARCHAND DE NOUILLES Fils de restaurateurs japonais, Kōkichi Mikimoto quitte l’école à 15 ans avec une obsession, celle de reproduire ce qu’une huître crée au hasard. En 1893, naissent ses cinq premières perles de culture. Aujourd’hui, 99 % des perles vendues dans le monde entier sont cultivées. /public-objects/f0fea191-1f7b-4a7f-9b14-acba0bf5b613-3db292d7-c071-4505-9d07-c31338e3d42e-03_1.webp Image sélectionnée /public-objects/3973923f-fa06-4007-90e0-80ad1ea67bfc-56762422-7ee5-42f9-9be5-938701baffeb-05_1.webp Image sélectionnée LE COLLIER DE MARIE-ANTOINETTE En 1772, deux joailliers créent le collier le plus spectaculaire de l’histoire : 674 diamants, 2 842 carats. Marie-Antoinette le refuse, trop ostentatoire. Une com tesse convainc le cardinal de Rohan de l’acheter en secret pour la reine, via de fausses lettres. Démantelé, il est revendu à Londres. Quand l’affaire éclate, le 15 août 1785, le peuple soupçonne la reine d’avoir tout orchestré, alors que le royaume est ruiné. Certains y voient la première étincelle de la Révolution, quatre ans plus tard. LALIQUE, LE CHOC FONDATEUR Chloë tombe sur un coupe-papier : les cheveux d’une femme sculptée se prolongent jusqu’à former la lame. Elle découvre Lalique. Syndrome de Stendhal devant ses parures ornées de femmes tout droit sorties d’une œuvre de Dalí ou d’un opus d’Avatar. Lalique privilégie l’artistique au produit marchand, introduit le volume, la sculpture, révolutionne l’art du verre avec la marqueterie. Des bijoux « compliqués comme des édifices », qui lui donneront le goût du métier. /public-objects/2c6361bf-8020-4018-adc9-af14492d96a0-30777014-f65e-4dc3-9c50-00034c186f2c-01_1.webp Image sélectionnée