Or du temps

Au fil d’une conversation créative entre horlogerie et joaillerie, Cartier enrichit sa grammaire esthétique de nouvelles interprétations où la lumière se mue en matière structurante. Pleins feux sur la montre Baignoire Clou de Paris et la collection de bijoux Clash.

Par ses courbes déliées, par la précision de son trait et par ses volumes savamment orchestrés, la signature Cartier est de celles qui se reconnaissent entre toutes. Il suffit d’un petit ovale en or, doux comme un galet, pour identifier la montre Baignoire. Un coup d’oeil au boîtier carré, aux angles subtilement adoucis, suffit à nommer la montre Santos. Quant à la montre Tortue, si sa forme singulière n’est pas l’apanage de Cartier, l’interprétation qu’en donne la Maison la distingue, sans équivoque, de toutes les autres. Cette approche créative, Cartier continue de la déployer à travers ses collections contemporaines, qui font écho au patrimoine tout en mettant en résonance les savoir-faire joailliers et horlogers. Parmi ses toutes dernières créations horlogères et joaillières révélées ce printemps figurent la montre Baignoire Clou de Paris et la collection Clash qui, tant d’un point de vue historique qu’esthétique, incarnent cette démarche. /public-objects/ca427382-1af6-4224-8be0-a858f4ad10f2-353b2999-39c1-4dc8-a77e-ac66c1ad5dd5-SHOT_05_199_B_Vsite.webp Image sélectionnée Un regard joaillier sur la mécanique Chez Cartier, ce travail de la forme repose sur la permanence du geste. Derrière chaque création se dévoile une activité méticuleuse héritée de la grande tradition joaillière. Car la montre n’est pas envisagée comme un simple objet technique et fonctionnel mais pensée comme un volume à sculpter, une surface à révéler au gré des jeux de lumière. C’est précisément ce qu’exprime la Baignoire. Née en 1958 d’après une forme que Louis Cartier avait déjà explorée dans les années 1910, ce petit bijou de – officiellement baptisé Baignoire en 1973 – a traversé les décennies sans que sa silhouette ne perde de sa justesse. Une montre transgénérationnelle dont la longévité n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une maîtrise absolue des proportions, de l’équilibre de la courbe, de la finesse du profil. Quand, en 2023, la Baignoire adopte une version jonc, elle affirme plus clairement encore son tempérament de montre-bijou. L’introduction cette année du motif Clou de Paris, déjà présent dans le répertoire stylistique de la Maison au tournant des années 1920, et revisité sur les modèles Baignoire Allongée de 2019, accentue cette dimension. Le métal est travaillé en relief avec une précision extrême, qui permet à chaque aspérité de conserver sa netteté tout en suivant l’ovale du boîtier et le galbe du bracelet sans les déformer. Façonner l’or sans rompre l’homogénéité des volumes suppose un savoir-faire spécifique. La main corrige, le geste de l’artisan ajuste et affine le métal au fil d’un polissage manuel décisif pour accentuer la lumière. /public-objects/6dd98609-5eab-467e-bbfa-811abe15f172-cdce59a3-7bb1-44ff-98ef-87c2725b4cbc-Copie%20de%20Sans%20titre.webp Image sélectionnée À la croisée des arts Ce travail s’illustre également à travers la collection Clash et ses nouvelles variations en or jaune, qui s’ajoutent aux bijoux jusqu’ici proposés en or rose uniquement. Là où la Baignoire explore la pureté d’une forme iconique, Clash met en scène la richesse d’une architecture articulée pour assurer une grande souplesse au porté. Picots, clous carrés et perles fusionnent au fil d’un maillage cranté dont l’audace esthétique repose sur un savoir-faire joaillier sophistiqué. La fluidité des pièces est le résultat d’une élaboration minutieuse qui fait appel à plusieurs techniques : la fonte à cire perdue, issue de la joaillerie traditionnelle, l’usinage de haute précision ou encore l’assemblage de composants, jusqu’à 600 pour certaines pièces, polis un à un. Résultat : un bijou qui vit, ondule et s’accorde aux mouvements du corps. Lorsque des pierres dures – calcédoine rose, onyx, agates teintées de rouge ou de vert – viennent enrichir ce maillage précieux, la complexité s’accroît encore, chaque perle de pierres dures étant sélectionnée selon un nuancier précis, calibrée, percée puis vissée par un clou de Paris avec une exactitude millimétrique. L’ajustement final, parfaitement invisible, permet à Clash d’affirmer la puissance de son design, à la croisée des codes du précieux et de la mécanique que Cartier cultive depuis plus d’un siècle. /public-objects/1d0041d6-d266-4c30-8f7b-ab1e1c163bbb-913a8802-3a34-4210-b523-42f9e1c3b8f4-Design%20sans%20titre.webp Image sélectionnée Ces nouvelles créations illustrent la manière dont Cartier a toujours su rester à l’écoute de son époque. Certaines inspirations, comme celles issues du monde industriel dans les années 1920-1930, s’observent aujourd’hui encore sous des formes extrêmement modernes. Il y a un siècle, les picots, clous carrés et boules en accumulation s’invitaient déjà sur les créations horlogères, les bijoux ainsi que sur les accessoires de Cartier. C’est à cette époque que Jeanne Toussaint, surnommée la Panthère, commence à déployer sa griffe sur les créations de la Maison, dont la nouvelle montre Myst revendique la filiation. « Par son dessin, elle s’inscrit dans la lignée des montres-bijoux imaginées sous la direction créative de Jeanne Toussaint dès le début des années 1930 – des pièces à la fois sculpturales et flamboyantes », souligne Pierre Rainero, directeur image, style et patrimoine chez Cartier. Sculpturale, le mot est particulièrement bien choisi. Car, à observer les nouvelles collections horlogères et joaillières dévoilées au printemps, ce qui frappe essentiellement est la part belle faite au travail du volume et du mouvement. Une signature Cartier ! /public-objects/b7bd8148-0d3c-4a68-905d-88eb5832a373-c318aacc-d680-487e-b3e7-b0844ee5976e-SHOT_03_090_A_Vsite.webp Image sélectionnée