HAUTE JOAILLERIE - Le rêve éveillé de Dior
Victoire de Castellane ne se contente pas des couleurs que la nature lui offre, elle en invente. Pour Diorissima, sa nouvelle collection de haute joaillerie dévoilée à Venise, la directrice artistique de Dior Joaillerie superpose de fines couches de pierre, une opale sur une chrysoprase, pour faire naître des camaïeux qu’aucune gemme seule ne saurait donner.
141 créations composées de colliers, bagues, boucles d’oreilles, bracelets, earcuffs et broches sont déployées en trois mondes de rêve. Le premier est un jardin foisonnant, planté de trèfles, de grappes de fruits et de glycines : le sautoir du même nom déverse plus de quatre mille pierres en cascade, retenues par douze spinelles roses. Le deuxième nous plonge sous l’eau, dans un monde peuplé de coraux, de poissons et de bulles, où de fins traits d’or blanc laqués de bleus tropicaux dessinent un récif. Le troisième nous élève vers le ciel, où rayonnent soleils, éclipses et nuages « heureux » : une paire de boucles d’oreilles y fait lever le soleil, diamant jaune cerné de perles, sur un ciel de turquoises et de laque. Derrière cette profusion, une obsession, la couleur. La technique du « doublet », cet empilement de pierres, à laquelle s’ajoute la laque signature de Dior, joue de l’opacité et de la transparence pour en exalter l’intensité. Le reste tient du collage : Victoire de Castellane découpe, juxtapose et assemble les gemmes comme une plasticienne. Certaines pièces évoquent un porte-bonheur, tel le collier Lucky Flowers aux feuilles de trèfle. Un clin d’œil aux superstitions de Christian Dior. Car derrière la fantaisie réside une intention : la joie. La créatrice décrit ses bijoux comme de petites créatures vivantes, des odes à la vie réunies dans une sorte de paradis. Par les temps qui courent, c’est une dose de bonheur assumée que l’on apprécie… avec joie ! /public-objects/0ff940d8-b673-4f2c-b3fb-cb2310e81cd1-e0cb235f-0729-49d9-b61d-d1d97e26cc0a-JSMA93080_E10.webp Image sélectionnée