HAUTE JOAILLERIE - Fred, l'heure dorée
Il semblerait que certaines pierres attendent leur heure. Repéré en 1977, le Soleil d’Or a changé de mains avant même qu’un joaillier ait pu le sertir, puis s’est évaporé quarante-quatre ans durant.
Valérie Samuel, directrice artistique de Fred, l’a racheté en 2021. C’est autour de cet extraordinaire diamant jaune de plus de 100 carats que Fred referme, à l’occasion de ses quatre-vingt-dix ans, la trilogie Monsieur Fred : quinze pièces déclinées en cinq sets qui déroulent un récit calé sur la course du soleil au-dessus de la French Riviera durant une journée entière, du bleu de la nuit à l’or de la golden hour . Tout commence dans le bleu. « Moonlight Reflection » évoque une nuit de gala à Cannes, quand l’eau reflète les dernières étoiles. Un collier y réunit trois tanzanites totalisant plus de 63 carats, dont deux qui se détachent en broches, offrant quatre portés pour un seul bijou. Puis le ciel pâlit avec « Promising Dawn », inspiré du rayon vert, cet éclat que l’horizon libère une fraction de seconde avant le lever du soleil, guetté depuis le village d’Èze, perché au-dessus de la Méditerranée. La broche maîtresse du set traduit ce phénomène par une marqueterie d’opales d’Australie, qui rayonnent autour d’émeraudes de Colombie. Une bague reprend ce duo de pierres, en deux éventails qui se déploient de part et d’autre d’un cabochon d’émeraude. Le soleil se lève enfin. « Crystalline Joy » prend la couleur de l’eau aux premières lueurs du jour et se décline en ras-de-cou, bracelet et bague cocktail arborant chacun en leur centre une tourmaline taille coussin. Les heures s’égrènent, la lumière vire à l’or. « Blooming Senses » s’inspire des collines de Grasse et de leurs mimosas, où Fred et Thérèse Samuel passèrent leur voyage de noces en 1937 : chaque pompon de saphirs jaunes du Sri Lanka est cerclé d’une collerette d’or perlé. 890 heures d’atelier pour ce seul bouquet. Vient enfin l’heure que tout le monde attendait, la fameuse golden hour avec le fameux Soleil d’Or qui occupe le centre d’un vaste plastron à longue pointe foulard, où plus de mille diamants le prolongent en cascade. Un demi-siècle après ce dîner où l’actrice et mannequin américaine Margaux Hemingway avait feint d’avaler cette gemme ô combien éclatante, la pierre a enfin trouvé son écrin. /public-objects/786f8c78-1e8d-4735-b03c-d01e5352a64c-65895040-c50a-40aa-9bfc-8b339038131d-Sans%20titre-1.webp Image sélectionnée