Expo : Daniel Brush, l’art de la ligne et de la lumière
Enfant, devant une coupe étrusque hérissée de minuscules billes d’or aperçue au Victoria & Albert Museum de Londres, Daniel Brush (1947-2022) s’est juré d’en percer un jour le secret. La granulation antique ne l’a plus quitté.
Peintre de formation, professeur de philosophie de l'art à Georgetown avant de tout abandonner pour s’installer à New York en 1978, cet Américain s’est fait orfèvre, joaillier, graveur et sertisseur sans jamais avoir appris le métier, sinon de ses propres mains. C’est dans son loft de Manhattan, aux côtés de son épouse Olivia, qu’il a passé des décennies à travailler l’or, l’acier, l’aluminium et la bakélite comme un peintre sa toile. Ces matériaux sont devenus pour lui des surfaces à sculpter et à graver, et c’est surtout de cette matière souvent industrielle qu’il tirait une lumière. La ligne et la lumière, justement, donnent son titre à la rétrospective que L'École des Arts Joailliers lui consacre à Paris jusqu’au 4 octobre, sa première grande monographie depuis sa disparition. /public-objects/d4334b83-3f61-4a69-b8ee-bdf5ba5ccebd-2ac19f54-285c-4d91-b259-ed9174386444-Daniel_BrushOrb_Sphere_1992-1995Or_pur_acierCollection_privee_copie.webp Image sélectionnée /public-objects/a4544876-ca95-42ba-a28b-08e7f5b3fed7-f1f8009f-4415-42a2-8bc4-80d058b369dc-Daniel_BrushNest_Nid_Papillons_Coccinelles_1990_-_1992Or_pur_acierCollection_privee_copie.webp Image sélectionnée Conçue par Olivia Brush, sa femme, et l’historienne du bijou Vivienne Becker, l’exposition réunit plus de soixante-quinze pièces (bijoux, sculptures, peintures), dont certaines quittent pour la première fois son atelier new-yorkais. Ni chronologique ni thématique, elle assume les obsessions de l’artiste et les questions qui le hantaient : un bijou doit-il être porté ? Peut-il être tenu en main, contemplé, hissé au rang d’œuvre d’art ? Une pièce résume à merveille sa réponse. Les « Loose Threads », 176 tortillons d’acier rehaussés de diamants, inspirés par les brins de soie qui s’accrochaient le soir aux vêtements d’Olivia au sortir de l’atelier. Tous singuliers, ils sont pensés non comme des bijoux mais comme une seule et même œuvre : la part d’enfance et de jeu qui équilibrait la gravité de sa pensée. Les créations de Daniel Brush sont aujourd'hui conservées au Metropolitan Museum of Art, au Smithsonian Institution et au Victoria & Albert Museum, l ’ endroit même où, devant quelques billes d ’ or, tout avait commencé.