Les états d'âme de la chaîne

Ouvragés, adornés, oversizés, les maillons décuplent l’expression créative des maisons joaillières. Une réaction en chaîne dont la principale intéressée se félicite.

« Je porte en moi une dualité. Pour ne pas dire plus. Entre solidarité et contrainte, ma symbolique me cause des variations d’humeur, des alternances de manie et de mélancolie. De cette contradiction, je tire ma fierté. Aristote lui-même ne se posait-il pas la question de la concomitance entre génie (la créativité) et mélancolie ? J’ai peiné à convaincre, certes. Le chemin fut douloureux. La faute au lexique qui m’est associé – gourmette, palmier, haricot, lentille, popcorn, grain de café. Et forçat ! Ajoutez l’association fatale avec un certain débardeur blanc et mon sort était scellé ou presque. L’adversité me renforce. Sur le plan technique, mes progrès sont édifiants. Ma flexibilité augmente. J’ondule. J’affole. En or ou en platine, le volume de mes anneaux s’amplifie jusqu’à proposer des surfaces parfaites. Extension du domaine de la création. Pomellato, qui me manifeste un amour pur, casse mes codes avec brio. Elle m’imagine asymétrique, en double cascade ou portée en ceinture haute joaillerie. Messika nomadise. Le cou, et non la clavicule, en choker multilayer et le doigt orné à l’unisson. Les pierres de couleur chahutent ma monochromie innocente. Gucci me pare d’opulence avec une profusion de rubis, de tsavorites et de saphirs aux teintes vives. En Titan, maître de la force, je me hérisse sous les pointes de lance de Pharrell Williams chez Tiffany & Co. Mon squelette articulé donne corps à tous les fantasmes. Accrochez-y vos désirs les plus fous. » /public-objects/668fe959-4350-4fc5-abad-1c678b096449-b708d598-57c7-4a10-a8d3-28a5c6b79f60-Sans%20titre-1.webp Image sélectionnée