Le diamant naturel face au défi de l'éthique
Entre héritage, développement durable et impact local, le diamant se révèle sous un nouveau jour. Décryptage…
Le secteur du luxe est régulièrement convoqué sur le terrain de l’éthique, comme si sa raison d’être, liée au plaisir et à la désirabilité, devait s’accompagner d’une exemplarité morale. Le diamant naturel n’y échappe pas. Si les acteurs de la filière sont longtemps restés discrets, ils ont compris qu’il était temps de sortir de l’ombre et de mettre en lumière leur sens des responsabilités. /public-objects/8a0ef6c3-24d4-471b-bb79-92e90da91019-439da14f-d49f-4aba-b202-90d22a326028-De%20Beers%20Essence%20of%20Nature_Foundation%20Jacket%20Ring%20(2).webp Image sélectionnée Diamants de paix? Depuis le choc causé par le film Blood Diamond (2006), l’industrie diamantaire est souvent attaquée sur un point sensible : elle alimenterait les conflits. Pourtant, les choses ont bien évolué. Depuis plus de 20 ans (2003), le Kimberley Process oeuvre à éradiquer du marché international les diamants issus de zones de conflits. Avec des résultats tangibles. Aujourd’hui, les diamants venant de ces pays représentent moins de 2 % des échanges. /public-objects/27cadf4c-a939-471b-bb08-728ec802d9e9-63ad6637-699c-4f89-89ee-5d93f57ef427-De%20Beers%20London%2C%20coll.%20Talisman%2C%20pendentif%20or%20jaune%2C%20diamants%20taill%C3%83%C2%A9s%20et%20diamants%20de%20couleur%20bruts%20%C3%82%C2%A9De%20%C3%82%C2%A0Beers%20London.webp Image sélectionnée Un précieux écosystème Mais l’éthique ne se limite pas à la mine. L’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins, à l’éducation, la protection de la biodiversité – notamment dans des zones sensibles comme le delta de l’Okavango au Botswana – sont autant d’enjeux majeurs qui mobilisent la filière, dont les engagements sont encore trop peu connus du grand public. Qui sait, par exemple, que le Responsible Jewellery Council veille à ce que chaque étape du voyage du diamant, de la mine à la boutique, respecte scrupuleusement les droits humains, sociétaux et environnementaux ? Ou encore que l’écosystème du diamant fait vivre des millions de personnes à travers une redistribution des richesses pensée avant tout à l’échelle locale ? «Si le diamant garde son aura de rêve et de désirabilité, c’est aussi parce qu’il est ancré dans un héritage, celui de la Terre.» /public-objects/054ba1e0-933a-417d-b242-3ee8d9574403-4c7015cd-18a4-466e-a062-cb556bf59af4-De%20Beers%20Portraits%20of%20True%20Brilliance_Talisman%20Medallion_Still%20Life_16x9.webp Image sélectionnée OKAVANGO ETERNAL Le projet Okavango Eternal, un partenariat entre De Beers et National Geographic, a pour but de préserver le delta de l’Okavango en soutenant des projets de suivi des ressources en eau et d’autres recherches scientifiques. D’ici à 2030, il s’engage à fournir des moyens de subsistance à 10’000 personnes, garantir l’accès à l’eau et à la nourriture à plus d’un million d’habitants, sécuriser des corridors pour la faune et former des scientifiques locaux capables d’assurer la relève. « L’industrie du diamant naturel est l’une des industries minières les plus réglementées et les plus responsables au monde. Quelle que soit la provenance d’un diamant naturel, la terre, la faune et les communautés locales et autochtones sont une priorité absolue », précise David Kellie, CEO du Natural Diamond Council, organisme dédié à la valorisation de la filière. La richesse en partage Si le diamant garde son aura de rêve et de désirabilité, c’est aussi parce qu’il est ancré dans un héritage, celui de la Terre. Chérir ce legs si précieux s’inscrit dans une dynamique de partage des ressources. À l’image de De Beers, implanté au Botswana (deuxième producteur mondial de diamant) : le groupe minier a pris l’engagement de partager à terme la moitié de ses ressources d’exploitation avec le pays, qu’il soutient par ailleurs dans ses projets de développement locaux. Dans d’autres régions du continent africain, où l’extraction demeure artisanale, le programme GemFair permet d’intégrer la production locale dans le circuit mondial, garantissant aux mineurs une totale autonomie. Et ensuite ? Que se passe-t-il une fois la mine fermée et les revenus du diamant évaporés ? Les communautés locales ont voix au chapitre. Chaque ouverture de mine s’accompagne d’un plan de restauration qui leur est soumis et s’inscrit, ici aussi, dans le développement durable de la région. L’avenir du diamant est incertain, accablé par les difficultés économiques des marchés majeurs (USA, Chine) et la concurrence fulgurante du diamant synthétique. Les acteurs du diamant naturel se battent pour que ces trésors de la Terre conservent leur juste place, celle d’une pierre authentique, unique et rare, pourvoyeuse de rêve mais aussi de richesse et de bien-être. /public-objects/b758775f-729e-49a8-be07-dd20e348a9bf-24192114-5f5c-4959-8d88-4fe7266dc533-Vue%20a%C3%83%C2%A9rienne%20d%C3%A2%C2%80%C2%99%C3%83%C2%A9l%C3%83%C2%A9phants%2C%20Delta%20de%20l%C3%A2%C2%80%C2%99Okavango%2C%20Botswana%2C%20Afrique%20%20%20%C3%82%C2%A9NDC.webp Image sélectionnée