Ils ont créé leur marque : Philippe Guilhem et Mashandy

Créée par Philippe Guilhem et sa femme Maria, Mashandy mêle sculptures de bronze et bijoux sur mesure. De la boutique Guilhem, à Megève, à une fonderie toscane, la démarche créatrice se mue en marque de joaillerie exclusive.

Pour les habitués de Megève, Guilhem c’est avant tout le détaillant historique représentant Messika et Rolex, qui propose aussi ses propres créations de joaillerie. Cinquième représentant d’une famille de joailliers de Béziers, Philippe Guilhem se distingue rapidement par sa double formation de sculpteur et gemmologue en parallèle d’une école de commerce, ainsi que par son besoin d’évasion : d’Anvers à Miami, il fait le tour du monde pendant plusieurs années, jusqu’à un appel du pied de son réseau à Megève en 1998, qui l’incite à prendre la relève en ouvrant l’enseigne Guilhem au cœur du village le plus couru des Alpes. Son premier client fut le baron Empain, qui lui passa commande d’un chef d’œuvre signé Chopard tout en souhaitant à Philippe Guilhem que ce dernier lui porte bonheur. Presque trois décennies et des milliers de montres et bijoux vendus plus tard, son épouse Maria l’encourage à consacrer plus de temps à ce qu’il aime faire, créer des pièces uniques de ses propres mains, mais cette fois sous son propre label. /public-objects/753fa11f-3cdf-4920-ad31-53e6522cd081-b6c3be6f-f670-4c32-a937-28a6a86f6d9b-Sculpture%20mont%20blanc.webp Image sélectionnée Alors qu’il est en train de réaliser une bague autour d’une pierre précieuse et de sentir la matière vivre entre ses doigts, une véritable symbiose s’opère entre son âme de joaillier et son âme de sculpteur. Il repense à son arrière-grand-mère qui travaillait le bronze à Béziers, la plus ancienne ville de France, et mêle cet ADN à celui de sa marque. Philippe veut raconter cette histoire dans sa démarche créative ainsi que celle de l’évolution de l’Homme, qui a découvert le bronze 5000 ans avant Jésus-Christ en Mésopotamie. Basta l’ostentatoire et vive l’art premier, le bronze patiné sera sa matière, c’est une révélation pour ce collectionneur de masques africains et amateur des premiers sculpteurs cubiques. Chacune de ses pièces uniques s’accompagne dorénavant d’une sculpture-socle en bronze, également unique car directement inspirée du bijou, telle une oeuvre double. Pas question de mettre son nom en avant, Mashandy est la contraction des prénoms de ses enfants, où le Y final symbolise la croisée des chemins. Fidèle, sa clientèle française est immédiatement séduite, alors que ses premières expositions au Moyen-Orient lui ouvrent les portes des palais et aiguisent l’intérêt des grands collectionneurs indiens et américains, fascinés par ce mariage du brutalisme et de la haute joaillerie en tous points exclusifs et authentiques. Déjà les investisseurs le sollicitent pour donner une véritable impulsion à Mashandy, quelle voie ce randonneur amoureux des sommets choisira-t-il ?