La Chevalière, bijou éternel

Plus qu’indémodable, la chevalière est éternelle. Bijou de la noblesse par excellence, elle est aujourd’hui de retour sur le devant de la scène, continuant d’apposer son sceau sur l’univers du bijou.

Traditionnellement associée à la période du Moyen Âge, la chevalière trouve ses premières manifestations dans un passé bien plus lointain. Caractérisée par sa forme – un anneau complété d’une table sur laquelle est gravé un symbole –, la chevalière est déjà présente durant l’Antiquité, venant orner les mains des peuples grecs et égyptiens, 4 000 ans en arrière. À l’époque, symboles et vernaculaires des divinités et créatures mythiques parent les bijoux. Et déjà, sa possession est un signe d’appartenance à un rang social élevé. Un status symbol qui connaît son âge d’or au Moyen Âge. Portée à l’annulaire par la noblesse masculine, la chevalière représente le pouvoir social. « Sur le bijou en or sont traditionnellement gravés les blasons d’une famille. Symbole de filiation, la chevalière servait de sceau, permettant de cacheter à la cire les correspondances », explique Julien Rousseau, directeur d’Arthus Bertrand, créateur de chevalières depuis 222 ans. Le terme trouve son origine dans le latin signum, signifiant « signe » ou « sceau », rappel direct de sa fonction première. Un usage qui disparaît quand la cire est remplacée par la signature manuscrite. À la Renaissance, si elle conserve encore une utilité pratique, la chevalière accorde une place croissante à l’ornementation, privilégiant des gravures plus complexes et l’intégration de pierres précieuses. Tombée dans l’oubli quelque temps, elle réapparaît au XVIIIe siècle aux doigts de l’élite masculine, un public friand de ce qu’elle symbolise. /public-objects/fba32488-096d-4596-b99a-3aefdfa2622d-979c601e-0884-4fe9-a1f2-6df55599a903-2.webp Image sélectionnée Pile dans la tendance Depuis, la chevalière n’a jamais disparu. «Notre production a toujours été stable. Les pièces gravées de blasons représentent encore une importante partie de nos commandes, mais, depuis quelques années, cette bague est devenue un objet tendance. Cela nous mène à des créations sur mesure plus variées, et nous a incités à créer une collection dont fait partie l’une de nos pièces phares, la bague de petit doigt Stella », précise Julien Rousseau. /public-objects/97d0e3d8-d68e-4e10-ba82-50407cc56284-95ef5586-4553-4bda-bb18-d9194dfc2e55-Sans%20titre-1.webp Image sélectionnée Désormais accessoire tendance, elle est réinterprétée par les joailliers, et portée par la jeune génération, hommes et femmes confondus, d’Instagram aux tapis rouges, jusqu’aux doigts de Taylor Swift ou de Jacob Elordi. Une renaissance qui ne change pas son essence, sa forme restant identique, seule sa symbolique évoluant, sa table devenant un train d’expression sans limites. Pour Cece Fein-Hughes, créatrice de Cece Jewellery, elle se fait tableau miniature. Mêlant gravure, peinture émaillée et pierres précieuses, ses collections et créations sur mesure accueillent les symboles d’une époque contemporaine, la vernaculaire héraldique remplacée par des palmiers et signes du zodiaque, démontrant que la chevalière n’appartient résolument pas au passé. /public-objects/d520afb5-2c26-4e07-8779-d92de3fc8962-bc642802-6420-4035-a2e3-8b34995d1518-Sans%20titre-1.webp Image sélectionnée