La boîte à bijoux de Violaine d'Astorg
Directrice du département joaillerie de Christie’s France, Violaine d’Astorg voit son métier comme une fabuleuse chasse aux trésors. Dans sa boîte à bijoux, des broches, sa chevalière de famille, des pièces Art déco, et un diapason en or. Conversation avec une experte fascinée par les bijoux chargés d’histoires.
À quoi ressemble votre boîte à bijoux ? Il y a beaucoup de broches, c’est une pièce qui donne du caractère et avec laquelle on peut vraiment jouer sur le porté. J’ai un faible pour les broches bestiaire, comme un petit animal de compagnie qui t’accompagne toute la journée. Mon Lion ébouriffé Van Cleef & Arpels, ma petite broche chien Cartier offerte par un ami à la naissance de ma fille… /public-objects/49da6996-1c18-41bc-8fc9-f4bd66e01afb-f1503d20-9fdc-4ea0-a013-0ce588ffd852-Packshot_Clip_Lion_1967_1754026.webp Image sélectionnée /public-objects/b1f65980-4f5a-4ea5-a7eb-8909ee4c4473-8e652931-e23a-458e-b91c-13404e2d72fb-5Q9A0005.webp Image sélectionnée Quel est votre premier souvenir lié à la joaillerie ? Mon grand-père. J’étudiais pour devenir commissaire priseur lorsqu’il m’a fait descendre dans une salle des coffres où j'ai découvert des bijoux somptueux hérités d’une arrière arrière-grande-tante, dont une broche trembleuse magni fique. Il me l’a confiée pour estimation, je suis tombée dedans et je n’ai plus jamais quitté cet univers. /public-objects/ae58652b-75ad-4678-a2ec-b955aa3cebed-1d309dc8-0251-45a4-83ef-d41b4c555e7e-5Q9A9999.webp Image sélectionnée Un bijou que vous portez tous les jours ? Ma chevalière, offerte par mon grand-père à mes seize ans, avec les armes de ma famille. Elle est devenue ma signature sur Instagram. Je porte aussi un diapason en or autour du cou qui m’aide à trouver le bon ton dans mon quotidien à cent à l’heure. Votre période fétiche ? L’Art déco, et précisément l’UAM, l’Union des Artistes Modernes : Templier, Després, Fouquet. Des bijoux que je perçois davantage comme des sculptures, dans lesquels on sent toute l’industrialisation en cours de l’époque. Le bijou le plus extraordinaire passé entre vos mains ? Un collier de Jean Fouquet du milieu des années 1920 avec ses cylindres imbriqués et son aigue-marine de 90 carats. Il figure en couverture du livre de référence de Sylvie Raulet et n’avait pas refait surface depuis les années 1980. Estimé à 350’000 euros, il est parti à plus d’un million de dollars, en 24 heures, à une collectionneuse privée française. Un des plus beaux moments de ma carrière. /public-objects/c92670b7-9021-45c1-b0ee-d7b85c21acab-ec17455a-0ee1-4285-abbf-613acbcec112-LOT%2017%20-%20JEAN%20FOUQUET%20EXCEPTIONNEL%20COLLIER%20ART%20D%C3%83%C2%89CO%20AIGUE-MARINE%20ET%20LAQUE%20-%20%C3%A2%C2%82%C2%AC350%2C000-450%2C000%20(4).webp Image sélectionnée Vous jouez parfois le jeu des enchères ? Jamais dans mes propres ventes. Mais l’appli Drouot, c’est mon obsession, j’ai une trentaine d’alertes actives. J’ai éga lement déniché un bracelet avec des grenats du XIXe siècle dans une salle des ventes à La Baule, ou encore une petite broche Belperron que personne n’avait remarquée. Il y a un côté chasse au trésor génial. Le bijou dont vous rêvez en ce moment ? Une manchette Georges Lenfant. J’écris un livre sur lui et j’ai un coup de cœur pour ses bracelets en maillons dits « paillette ». Côté horlogerie, je rêve d’une Queen Midas Rolex. Un conseil pour acheter aux enchères sans se tromper ? Regardez le poinçon de maître, qui révèle l’atelier, et le poinçon de titre, pour le métal. Mais surtout : faites-vous plai sir ! Les bijoux anciens sont encore accessibles car plus légers en or. Et n’achetez pas ce que tout le monde porte. Un bijou est une merveilleuse manière de raconter qui on est. /public-objects/d1cc0fba-3e9e-4f71-9f58-a27f18299e1b-c4cd50a9-1f19-40cd-8d89-0465bcf5a35c-5Q9A9990.webp Image sélectionnée