La boîte à bijoux de Laura Inghirami
Héritière d’une famille de bijoutiers de Sansepolcro, Laura Inghirami raconte aujourd’hui le bijou sur sa plateforme Donna Jewel et défend les jeunes créateurs qui le réinventent. Dans sa boîte à bijoux, les bracelets de sa grand-mère, une médaille ou encore une broche en forme de chat. Conversation avec une passionnée qui décrypte la vie à travers la joaillerie.
À quoi ressemble votre boîte à bijoux ? Ce n’est pas une boîte à bijoux, mais une commode. Chaque tiroir ouvre sur un univers : broches, bagues, camées, bijoux contemporains, trésors de famille… Je range mes bijoux comme un museum d’histoire naturelle organise ses collections, selon un ordre très méthodique, mais aussi selon les souvenirs et les émotions. Quel est votre premier souvenir lié à la joaillerie ? Les perles et le corail de Méditerranée que portait ma grand mère, et le son reconnaissable entre tous des trois bracelets en or dont elle était parée, qui tintaient dès qu’elle bougeait. Aujourd’hui encore, j’ai un faible pour les bijoux qui font du bruit. Je crois que j’ai appris à lire l’histoire de ma famille à travers les bijoux bien avant d’apprendre à lire dans les livres. Un bijou que vous portez tous les jours ? Une médaille miraculeuse de la rue du Bac à Paris. J’ai toujours été fascinée par les bijoux protecteurs, ces objets capables de contenir autant la foi que la mémoire et l’espoir. Une pièce née dans la bijouterie familiale, à Sansepolcro ? Parmi celles auxquelles je tiens le plus, une collection d’alliances anciennes qui étaient offertes aux mariées de la vallée d’Arezzo, en Toscane. Le dessin était toujours le même : huit pierres autour d’une pierre centrale, tel un symbole antique inspiré de la constellation de la fertilité, de l’abondance et de la chance. Toutes portaient ce même bijou tel un talisman, et j’aime y voir une promesse que chaque femme mérite de se sentir à la fois protégée et puissante /public-objects/43fc308f-204a-4d9d-9ef8-5ec6ce8a8ffd-cf54bc8d-d327-4084-805d-ecc96ebd6718-DSC_8172.webp Image sélectionnée /public-objects/f1830c69-52ad-429e-96da-5dc369206ea2-2aa95356-095a-41ed-8d18-2aa1053bbd39-DSC_7615.webp Image sélectionnée /public-objects/09083364-15ec-476a-822d-2c0a8e44297c-9b35f047-8b03-41ed-bf5d-a4037b8cb55d-IMG_4307%20(1).webp Image sélectionnée /public-objects/47bdfb4b-befe-4168-a677-91b79804d0cb-c61f2171-1ef6-4b64-b196-c1333571ce8c-729A2074.webp Image sélectionnée Un bijou déniché chez l’un des jeunes créateurs que vous défendez ? Ils me surprennent en permanence. J’ai vu une réinterprétation contemporaine du pomander (littéralement «pomme d’ambre») de la Renaissance : une broche modulable qui change de configuration selon la façon dont on la porte, et qui contient même du parfum. Je suis fascinée lorsqu’un créateur redonne vie à des archétypes oubliés. Héritage familial ou création contemporaine ? Les deux. La tradition nous donne des racines, tandis que le contemporain nous pose des questions. Les bijoux les plus intéressants naissent là où ces deux dimensions se mettent à dialoguer. Une femme dont le rapport aux bijoux vous inspire ? Ma mère. Elle m’a appris qu’un bijou n’est pas fait pour décorer une personne, mais pour exprimer son identité et sa personnalité. Le bijou qui raconte le mieux qui vous êtes ? Ma broche d’épaule en forme de chat. Elle engage toujours la conversation, et je crois que les plus beaux bijoux sont ceux qui créent des rencontres avant de susciter l’admiration. Un conseil pour composer sa boîte à bijoux ? Achetez une boîte à bijoux plus grande que vous ne l’imaginez. Une collection grandit à la mesure de sa curiosité pour le beau et la joie, et c’est exactement ce que je souhaite à chacun